Les productrices et producteurs bio sont actifs aussi bien pour que contre l’Initiative pour une eau potable propre. Après une discussion animée, l’Assemblée des délégués de l’organisation faîtière bio a décidé de recommander de voter non. Les délégués étaient unanimes pour dire que le Bio est de toute façon une bonne solution. Et que le ticket de caisse agit plus vite que le bulletin de vote.

L’utilisation des pesticides sur un alpage à vaches est-elle autorisée? La réponse est oui. Cette réponse devrait en surprendre plus d’un. Dans les régions d’estivage suisses, il est en effet permis d’anéantir avec des herbicides les plantes non désirées. Bio Suisse s’engage pour une interdiction générale des pesticides dans les régions d’estivage.

Les pesticides chimiques de synthèse sont présents dans de nombreux cours d’eau et sols. On les retrouve aussi dans les êtres humains par le biais des aliments. L’agriculture biologique y renonce et mise à la place sur des variétés robustes, une bonne rotation des cultures, la diversité de la nature et de ses auxiliaires ainsi que sur des intrants respectueux de l’environnement.

Lors de l’Assemblée des délégués d’automne 2020, la recommandation de vote «Oui» a été adoptée pour l’initiative pour une Suisse sans pesticides de synthèse. La recommandation de vote pour l’initiative pour l’eau potable été reportée au mois d’avril 2021. L’Association suisse des agriculteurs biologiques soutient la mise en œuvre d’une de ses préoccupations centrales au niveau national et, avec ce vote, prend en compte l’ensemble de la société.

Que se passerait-il si la Suisse devenait un Pays Bio? Alors, les pesticides ne seraient plus utilisés sur plus de 93 % de la surface agricole utile de Suisse. C’est ce que montre une étude de l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL).

On retrouve des pesticides partout, même en-dehors des endroits où ils ont été utilisés. Ils se dispersent très loin soit avec des particules de poussières, soit comme gouttes microscopiques ou

Depuis l’an 2000, le surplus particulièrement problématique d’azote stagne à un niveau élevé. Cela est fortement lié aux cycles ouverts et aux importations d’aliments fourragers et d’engrais de synthèse. Les

En plus des abeilles mellifères, il y a en Suisse de nombreuses espèces sauvages d’abeilles, de guêpes et de bourdons. Leurs prestations pour l’agriculture et la nature ne pourront jamais être estimées à une valeur suffisamment haute. Tout ce peuple d’insectes utiles est cependant affaibli, mis en déroute ou assassiné par les pesticides. Le bio crée quant à lui des écosystèmes pour tous ces petits auxiliaires – et il renonce à tous les pesticides de synthèse pour ne pas leur nuire.

Quelles valeurs limites sont dépassées actuellement, où et par qui? On se perd vite dans les détails des débats politiques autour des initiatives concernant les pesticides. Il s’agit donc de ne pas perdre de vue les trois arguments les plus importants.