La biodiversité est plus élevée de 30 % dans les surfaces cultivées biologiquement. Cela ressort d’une analyse de plus de 60 études scientifiques sur la biodiversité. Outre la part élevée de surfaces proches de la nature et la gestion plus extensive, cette plus grande biodiversité est également le résultat du renoncement aux pesticides chimiques de synthèse.

Les fermes bio favorisent indirectement et directement la biodiversité

L’agriculture biologique a exercé depuis toujours un effet positif sur la biodiversité en raison du renoncement aux pesticides chimiques de synthèse. L’encouragement de la biodiversité fait en plus partie intégrante du Cahier des charges de Bio Suisse depuis 2015, lequel propose aux paysannes et paysans bio un large choix de mesures d’encouragement très diverses. Qu’il s’agisse de jachère florale (voir le film), de bandes fleuries, de praires extensives, d’arbres fruitiers haute-tige ou de tas de branches – ces mesures ainsi que plein d’autres favorisent la biodiversité en général et leur succès est prouvé: Les alouettes des champs et les papillons diurnes rares se rencontrent plus souvent dans des fermes bio qu’ailleurs.

Globalement, un système multicolore composé de nature et de plantes cultivées a un effet positif sur les entreprises agricoles et rend notre système alimentaire plus résistant aux influences de l’environnement.

La biodiversité aide les paysans bio à lutter contre les ravageurs

Les agriculteurs bio n’encouragent pas uniquement la biodiversité pour préserver la diversité du vivant mais aussi pour protéger leurs cultures de manière ciblée; dans la pratique on parle de biodiversité fonctionnelle. Claudia Daniel de l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL) nous explique, comment cela fonctionne dans le film «Repenser la protection des cultures biologiques». Il est ainsi prouvée qu’une bande fleurie en bordure d’un champ de choux et des bleuets entre les têtes de choux favorisent de nombreux auxiliaires qui permettent de contenir les nombreux ravageurs du chou. Bio Suisse soutient la recherche en ce sens et par la suite le transfert des connaissances aux agriculteurs bio de manière ciblée, avec ses propres offres et contributions financières à des projets.

En Suisse, la biodiversité subit une forte pression

Depuis 1900, la biodiversité a connu un recul dramatique en Suisse et l’état actuel est alarmant. En particulier les systèmes agroécologiques utilisés pour l’agriculture ont souffert un fort recul des petites structures, haies et murs en pierre sèche suite à l’exploitation intensive et de moins en moins durable. Ce recul est aussi renforcé par l’utilisation de grandes quantités d’engrais et de pesticides, des ensemencements pauvres en espèces ainsi qu’une exploitation mécanique sur de grandes surfaces.

Trop d’éléments nutritifs, en particulier de l’ammoniac provenant de l’agriculture, aboutissent dans des terrains qui seraient naturellement pauvres en éléments nutritifs. Plus de 90 % des forêts, la moitié des prairies et des pâturages secs, presque toutes les tourbières et trois quarts des bas-marais sont pollués par des apports excessifs d’azote de l’air.

Dans de nombreux endroits, les cours d’eau ont perdu leur cours naturel suite à des constructions pour gagner du terrain, contre les crus ou pour la production d’électricité. En parallèle, les zones urbaines et les infrastructures se développent de plus en plus depuis la moitié du 20ème siècle. Les conséquences sont des pertes de surfaces et un morcellement toujours plus important des milieux naturels restants. Même si niveau suisse, la vitesse d’expansion des zones urbaines a un peu diminué depuis le début du nouveau millénaire, il n’empêche que chaque jour, une superficie de sol de la taille d’environ huit terrains de foot laisse la place à des constructions. En milieu urbain, l’étanchéification des surfaces et la plantation d’espèces non indigènes ont provoqué la disparition de nombreux habitats.

Par sa consommation et ses importations grandissantes de biens et de prestations, la Suisse exerce une pression croissante sur les ressources et la biodiversité au niveau planétaire. (Source: OFEV)

La biodiversité offre des bénéfices multiples à l’homme.

Ruedi Weber, Trolerhof
Le paysan bio Ruedi Weber dans son domaine Trolerhof riche en diversité

La biodiversité fournit des bien naturels ainsi que des services écosystémiques qui sont indispensables pour le développement de la société et de l’économie. Voici quelques exemples de services écosystémiques:

  • l’eau potable, que les forêts et les sols nous mettent à disposition en quantité et qualité suffisantes;
  • La préservation de la fertilité du sol;
  • le renouvellement des matières premières et des denrées alimentaires;
  • des ressources génétiques pour des nouveaux médicaments ou des nouvelles cultures;
  • l’amélioration de la qualité de vie en proposant des zones de détentes proche de la nature;
  • la protection contre les chutes de pierres et les avalanches comme prodiguée par les forêts de montagne;
  • l’absorption de pics de précipitation par les marais et les zones humides;
  • la régulation et l’endiguement de pathogènes.

La préservation de la diversité du vivant n’est toutefois pas que importante pour les besoins de base des êtres humains; il faut reconnaître sa valeur en soi, cela constitue un devoir éthique de l’homme. (Source: OFEV)

 

Stratégie Biodiversité de la Confédération, Pacte vert de l’UE

Alors qu’en Suisse de nouvelles initiatives populaires tentent de stimuler la Stratégie Biodiversité de la Confédération, l’UE veut faire en sorte qu’elle devienne un chef de file mondial dans la gestion de la crise planétaire de la biodiversité.

La Commission de l’UE «mobilisera l’ensemble des instruments de l’action extérieure et des partenariats internationaux en vue d’adopter un nouveau cadre mondial ambitieux en matière de biodiversité sous l’égide des Nations unies lors de la conférence des parties à la convention sur la diversité biologique en 2021.»

Une Stratégie en faveur de la biodiversité comportant des objectifs ambitieux fait déjà partie du Pacte vert pour l’Europe:

  • Réduire de 50 % d’ici à 2030 l’utilisation et la nocivité des pesticides;
  • Étendre l’agriculture biologique et augmenter les éléments de paysages riches en biodiversité sur les terres agricoles;
  • Enrayer et inverser le déclin des pollinisateurs;
  • Créer des zones protégées représentant au moins 30 % des terres et des mers en Europe;
  • Rétablir au moins 25 000 km de cours d’eau à courant libre dans l’UE;
  • Planter 3 milliards d’arbres d’ici à 2030;
  • Investissements de 20 milliards d’euros par an pour la biodiversité en recourant à diverses sources, y compris les fonds de l’UE et des financements nationaux et privés. Les considérations en matière de capital naturel et de biodiversité seront intégrées aux pratiques commerciales.

 

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