Depuis l’an 2000, le surplus particulièrement problématique d’azote stagne à un niveau élevé. Cela est fortement lié aux cycles ouverts et aux importations d’aliments fourragers et d’engrais de synthèse. Les politiciens hésitent. L’agriculture biologique peut beaucoup apporter pour résoudre ce problème.

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Impacts sur les écosystèmes

Jusqu’au début du XXe siècle, les composés azotés assimilables par les plantes n’étaient disponibles qu’en petites quantités. En l’espace de seulement 100 ans, l’homme a complètement bouleversé le cycle naturel de l’azote. Actuellement, d’énormes quantités de composés azotés (ammoniac, nitrate, protoxyde d’azote) parviennent dans l’atmosphère, dans les eaux souterraines et dans les milieux proches de la nature. Ils y provoquent d’immenses dégâts et coûtent chers – par exemple, quand les lacs doivent être aérés artificiellement ou si les forêts deviennent malades.

Ammoniac, nitrate et protoxyde d’azote proviennent pour la majeure partie de l’agriculture.

Un objectif central de l’agriculture est de réduire de moitié les émissions de ce polluant atmosphérique qu’est l’ammoniac.

Les trois problématiques, surfertilisation, biodiversité et changement climatique, sont étroitement liées entre elles.

  • Les apports d’azote trop élevés nuisent à la biodiversité. La diversité des espèces est aussi réduite dans tous les écosystèmes plus fragiles, en particuliers dans les forêts, les marais, les prairies sèches même si les écosystèmes se trouvent à grandes distances des sources d’émissions.
  • Par conséquent, la base alimentaire des pollinisateurs tels que les abeilles se trouve à son tour réduite.
  • Les composés azotés contribuent fortement au changement climatique, et ce dernier accélère lui aussi la perte de biodiversité.
  • Dans les forêts, les apports d’ammoniac provoquent une acidification du sol, le lessivage de nitrate et des émissions supplémentaires de protoxyde d’azote.
  • Le nitrate pollue les eaux souterraines et l’eau potable. Une autre conséquence est la formation de zones mortes dans les mers.

Situation en Suisse

Source: Office fédéral de l’environnement

L’agriculture suisse présente, par rapport à la législation environnementale en vigueur mais aussi en comparaison avec l’Europe, des émissions d’azote et plus particulièrement d’ammoniac beaucoup trop élevées. Pour l’ammoniac, la Suisse fait partie, avec les Pays-Bas et la Belgique, des pays européens qui émettent les plus grandes quantités proportionnellement à la surface. Environ 93 % de ces émissions viennent de l’agriculture. Les charges critiques (Critical Loads) pour l’azote (c’est-à-dire les apports d’azote maximaux que les milieux proches de l’état naturel peuvent supporter) sont dépassées à grande échelle en Suisse dans les écosystèmes fragiles.

Toutes les tourbières, 84 % des bas-marais et 42 % des prairies et des pâturages secs, donc aussi des milieux bien en-dehors des zones utilisées par l’agriculture, sont parfois fortement dégradés par des apports trop importants d’azote de l’air. 95 % des forêts suisses ont un niveau d’azote trop élevé.

Sources de la pollution par l’azote des écosystèmes

Du total des émissions de polluants atmosphériques azotés (oxydes d’azote et ammoniac en fonction de la teneur en azote), 70 % proviennent de l’agriculture, 18 % des véhicules, 9 % de l’industrie et du commerce et 3 % des ménages. Seule une partie de l’azote, que les animaux rejettent par le biais de leurs excréments, finit dans les racines des plantes par le biais des engrais de ferme. Le reste se disperse dans l’air sous forme d’ammoniac ou de protoxyde d’azote, ou dans l’eau sous forme de nitrate. La part des émissions d’ammoniac de l’agriculture par rapport aux émissions totales d’ammoniac en Suisse s’élève à environ 93 %.

Atteindre les prescriptions légales en vigueur dépend ainsi fortement de l’agriculture. Pour réussir à respecter les valeurs limites d’immission (entre autres des particules fines), les charges critiques pour l’azote, les niveaux critiques pour l’ammoniac et donc la législation en vigueur et remplir l’objectif environnementale de l’agriculture, il est nécessaire de réduire les émissions d’ammoniac de 40 % par rapport aux émissions de 2005 (Conseil fédéral 2009).

Le milieu politique à la traine

Les politiciens avaient reconnu la nécessité d’agir vers la moitié des années 80 et défini des objectifs. Après que les surplus de fertilisants aient pu être réduits pendant quelques années, cela fait depuis l’an 2000 que les surplus d’azote stagnent à un niveau élevé. En lieu et place des 25’000 tonnes tolérables, ce sont plus de 40’000 tonnes qui finissent dans la nature. Les objectifs environnementaux pour l’agriculture de 2008 ne sont de loin pas atteints. La Politique agricole 2022+ a du mal avec cette thématique.

Sep
25

Agrarpolitik 22+: Was ist unterwegs?

Die geplante Agrarpolitik 2022+ sollte eigentlich Antworten auf die wichtigen Fragen geben, welche durch verschiedene Initiativen aufgeworfen werden. Bio bietet gute Lösungen an und sollte eigentlich mehr gefördert werden. Nun ist die Agrarpolitik im Parlament vorerst auf die lange Bank geschoben worden. Welche Bedeutung haben nun die Initiativen?

Le bio fait attention avec l’azote

Im Biolandbau darf kein synthetischer Kunstdünger eingesetzt werden. Für die konventionelle Landwirtschaft werden zum Beispiel jedes Jahr 2500 bis 3000 Tonnen Ammoniumnitrat importiert und auf die Felder ausgebracht. Dies entspricht der Menge und der Energie, die 2020 zur teilweisen Zerstörung von Beirut geführt hat.

Im Biolandbau ist die Tierzahl pro Hektare beschränkt. Für Experten: maximal 2.5 Düngergrossvieh-Einheiten DGVE sind pro Hektare erlaubt. Die Fütterung muss grundsätzlich auf der Basis des betriebseigenen Futters erfolgen.

Wiederkäuer wie Kühe, Ziegen oder Schafe müssen auf der Basis von Gras gefüttert werden. 2020 sind noch 10% Kraftfutter erlaubt, welches zu 90% aus der Schweiz stammen muss. Ab 2022 sind nur noch 5% Kraftfutter möglich, das zudem zu 100% schweizerischer Herkunft ist. Damit erzielt Bio eine Reihe von positiven Effekten:

  • Weil die landwirtschaftliche Nutzfläche der Schweiz zu 70% aus Grasland besteht, wird dieses optimal genutzt.
  • Kraftfutter kann oft auch der menschlichen Ernährung dienen, welche aus ethischen Gründen Priorität haben muss. Der Anteil am Tierfutter sinkt.
  • Weniger Soja, Mais und dergleichen in der Schweizer Tierfütterung heisst auch: die Nahrungsmittelproduktion in den Importländern kann den Menschen statt den Tieren dienen.
  • Der tierische Dünger bleibt im Kreislauf. Es kommen nicht noch grossen Mengen durch Import-Futter hinzu.

Bei Hühnern und Schweinen wird auch im Bio-Bereich importiertes Bio-Kraftfutter eingesetzt. Betriebe, die Futtergetreide importieren, müssen allerdings ihren Bedarf mit mindestens 80 % inländischem Futtergetreide decken. Importierte Futtermittel müssen aus Europa stammen.

Das heisst: im Biolandbau sind Kreisläufe geschlossener als im konventionellen Landbau, und das Düngerniveau ist tiefer. Dadurch entstehen viel weniger Düngerverluste in die Luft, das Grundwasser (Nitrat) oder Flüsse und Seen.

Da hohe Stickstoff-Düngermengen zwar zu mehr Ertrag, aber auch zu mehr Schadpilzbefall bei Pflanzen führen, sind Pflanzen im Biolandbau häufig robuster und weniger anfällig.

Il est interdit d’utiliser des engrais de synthèse en agriculture biologique. Pour l’agriculture conventionnelle, il y a par exemple chaque année 2’500 à 3’000 tonnes de nitrate d’ammonium qui sont importées et épandues sur les champs. Cela correspond à la quantité et à l’énergie qui a engendrée la destruction partielle de Beyrouth en 2020.

L’agriculture biologique limite le nombre d’animal par hectare. Pour les experts: le maximum d’unités gros bétail-fumure (UGBF) autorisé par hectare est de 2,5 UGBF. L’affouragement doit principalement être assuré par les aliments fourragers produits dans sa propre ferme.

Les herbages constituent la base alimentaire des ruminants comme les vaches, les chèvres ou les moutons. En 2020, il y a encore 10 % de concentrés qui sont autorisés. Ce ne seront plus que 5 % à partir de 2022 et les concentrés devront provenir de Suisse. Le bio réalise ainsi toute une série d’effets positifs:

  • Comme la surface agricole utile suisse est composée à 70 % d’herbages, ces derniers sont utilisés de manière optimale.
  • Les concentrés peuvent souvent aussi servir à l’alimentation humaine, laquelle doit avoir la priorité pour des raisons éthiques. La part des aliments pour animaux baisse.
  • Moins de soja, de maïs et d’autres cultures semblables dans l’alimentation des animaux en Suisse signifie aussi: la production de denrées alimentaires dans les pays d’importation peut servir aux humains et non aux animaux.
  • Les déjections animales restent dans le cycle. Il n’y a pas de grandes quantités qui s’ajoutent en raison de fourrages importés.

Dans le cas des poules et des cochons, l’agriculture biologique utilise également des concentrés bio importés. Les fermes qui importent des céréales fourragères doivent toutefois couvrir leurs besoins avec 80 % avec des céréales fourragères indigènes. Les aliments fourragers importés doivent provenir d’Europe.

Cela signifie que les cycles sont plus fermés en agriculture biologique qu’en agriculture conventionnelle et le niveau de fertilisation est plus bas. Il y a ainsi beaucoup moins de pertes d’engrais dans l’air, les eaux souterraines (nitrate) ou les rivières et les lacs.

Des grandes quantités d’engrais azoté dans les cultures permettent d’avoir des rendements plus grands mais en contrepartie il y a plus de maladies cryptogamiques, c’est pourquoi en agriculture biologique les plantes sont souvent plus robustes et moins sensibles.

Que peut-on faire?

  • Davantage d’agriculture biologique permettrait de fortement désamorcer la problématique de la surfertilisation.
  • Pour respecter les///être conforme aux charges critiques planétaires, un changement fondamental du système agroalimentaire est nécessaire. En Suisse, il faudrait aussi avoir un pacte vert, de manière analogue au Pacte vert européen.
  • La trajectoire de réduction des surplus en éléments nutritifs discutée dans la Politique agricole est ambitieuse et peut être suivie rapidement.
  • La consommation de protéines animales doit être fortement réduite. Selon la Stratégie alimentaire suisse, nous mangeons trois fois la quantité qui est estimée être saine.
  • Bio Suisse recommande: Tant qu’à manger de la viande, autant qu’elle soit bio.
  • Une alimentation préservant les ressources peut réduire jusqu’à 50 % les émissions d’ammoniac et celles de nitrate de 35 %.
  • Il est important de fermer les cycles et de produire davantage de protéines en Suisse au lieu de les importer.

Liens

Initiative parlementaire (19.474): Réduire le risque de l’utilisation de pesticides; Trajectoire de réduction des pesticides et des surplus d’éléments nutritifs

Interpellation Kathrin Bertschy (19.4480): À quel point la trajectoire de réduction fixée par le Conseil fédéral pour l’azote est-elle ambitieuse?

Pacte vert pour l’Europe avec Stratégie De la ferme à la table et Stratégie en faveur de la biodiversité

Office fédéral de l’agriculture : Alimentation préservant les ressources

Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires: Stratégie de nutrition de la Confédération et la Stratégie suisse de nutrition 2017 à 2024

Office fédéral de l’environnement: Flux d’azote en Suisse (résumé), analyse des flux d’azote et évolution

Office fédéral de l’environnement: L’azote, risque environnemental

Office fédéral de l’environnement: Ammoniac de l’agriculture

Office fédéral de l’environnement: La nature s’appauvrit

Rapport Thünen n° 65, 2019 (en allemand): Leistungen des ökologischen Landbaus für Umwelt und Gesellschaft

SRF: Experten wollen mehr Schutz für Wälder

Bio Suisse: Cahier des charges

Alliance agraire Prise de position: azote (en cours d’élaboration)