Les paysannes et les paysans bio se font aussi du souci au sujet des pesticides dans l’eau potable, le recul de la biodiversité et le changement climatique. Ils s’engagent pour ou contre l’initiative Eau propre. Une autre initiative – Suisse libre de pesticides de synthèse – rencontre beaucoup de sympathie, surtout en Suisse romande. Alors que les politiciens ont présenté leurs (non-)propositions pour résoudre les problèmes, l’Assemblée des délégués de Bio Suisse a discuté le 11 novembre 2020 des recommandations de vote pour ces deux initiatives.

Ja-Parole zur Initiative “Schweiz ohne synthetische Pestizide” (Medienmitteilung)

Nov 12, 2020

Bio Suisse hat an der heutigen Delegiertenversammlung (DV) die beiden anstehenden landwirtschaftspolitischen Volksabstimmungen diskutiert. Die Delegierten sagen Ja zur Initiative „Schweiz ohne synthetische Pestizide“. Die Parolenfassung zur Trinkwasser-Initiative wurde auf die DV im April 2021 verschoben. Der Verband der Schweizer Bio-Bäuerinnen und -Bauern unterstützt die Umsetzung eines seiner zentralen Anliegen auf nationaler Ebene und nimmt mit diesem Votum die ganze Gesellschaft in die Verantwortung.

Pourquoi ces initiatives ont-elles vu le jour?

Les initiateurs veulent des solutions à des problèmes urgents de notre époque. En Suisse aussi, les limites critiques sont dépassées dans de nombreux domaines.

  • Disparition des espèces: La plus grande disparition des espèces depuis l’extinction des dinosaures est en cours.
  • Surfertilisation: Les forêts, les marais et les réserves naturelles sont surfertilisées, les lacs doivent être oxygénés artificiellement, les nitrates polluent les eaux souterraines. Des zones mortes dans les mers sont une autre conséquence.
  • Les pesticides sont partout: Dans les hommes, les animaux et les plantes, dans l’eau potable et les cours d’eau, dans la nourriture, dans l’air (poussière, aérosols, gaz), dans les parcelles bio et dans les zones d’estivage et d’habitation, dans les réserves naturelles. 1 million de personnes en Suisse boivent de l’eau qui contient plus de chlorothalonil et de ses produits de décomposition que les valeurs limites. Et plus de 300 autres matières actives sont utilisées.
  • Le climat est étroitement relié à la surfertilisation et aux pertes de biodiversité et il se réchauffe de plus en plus vite.
Limites écologiques 2015
:Limites  écologiques 2015. Source: Wikipedia allemand

L’agriculture joue un rôle important avec son utilisation à large échelle de pesticides et d’engrais de synthèse mais aussi avec les importations volumineuses de denrées alimentaires et de fourrages.

  • 70 % des émissions de CO2 en Suisse proviennent de l’agriculture.
  • Toutes les tourbières, 84 % des bas-marais et 42 % des prairies et des pâturages secs sont menacés par des apports trop importants d’azote. 95 % des forêts suisses ont involontairement un niveau d’azote trop élevé.
  • La production agricole est responsable en Suisse de 13 % des émissions à effet sur le climat. L’ensemble du système agroalimentaire est à l’origine de 43 à 57 % des gaz à effet de serre.
  • Des subventions agricoles pour un total d’environ 1,4 milliard nuisent à la biodiversité en Suisse.

Deux initiatives veulent résoudre les problèmes au niveau politique

L’initiative Eau potable veut que les subventions ne soient plus que versées aux agriculteurs qui respectent des conditions strictes en matière de pesticides, de biodiversité, d’antibiotiques et de base fourragère propre à l’exploitation

L’initiative Suisse libre de pesticides de synthèse veut interdire l’utilisation de pesticides en général – dans la production agricole, la transformation des produits agricoles et l’entretien du territoire L’importation de produits qui ont été cultivés avec des pesticides sera aussi interdite.

Que fait le bio?

Cela fait depuis longtemps que Bio Suisse a pris conscience de ces faits alarmants et qu’elle a agi. Nous renonçons aux pesticides et engrais chimiques de synthèse, limitons l’achat d’aliments fourragers, encourageons la biodiversité et soulageons le climat. Nous proposons tous les jours de bonnes offres aux consommatrices et consommateurs. La liste des commissions bio a davantage d’influence que le bulletin de vote.

Mais nous voulons quand-même du mouvement au niveau politique. Le bio ne représente actuellement que 15% de la production et 10 % de la consommation. L’approche «Davantage de bio de la ferme à l’assiette» est donc une bonne proposition de solution. Nous travaillons avec toutes les personnes qui souhaitent contribuer à trouver des solutions.

Bio Suisse a soutenu les demandes des initiatives de manière bienveillante, sans se prononcer pour ou contre. Nous nous sommes engagés au niveau politique pour un contre-projet qui aurait pu amener des succès de manière plus rapide et plus pragmatique. Malheureusement, cela n’a pas réussi.

Que fait (ou ne fait pas) la politique?

Après plusieurs années de préparation, la politique agricole 2022+ a été repoussé de manière surprenante à une date indéterminée. Une nouvelle ordonnance d’interprétation a été demandée jusqu’en 2022 par le biais d’un postulat. Elle montrera des effets en 2026 environ. Des instruments importants, espérés par Bio Suisse, IP-SUISSE et d’autres organisations, ne sont ainsi pas disponibles.

À la place d’un contre-projet aux initiatives et une Politique agricole cohérente, le Parlement veut définir une trajectoire de réduction des pesticides et des fertilisants. Toutefois le projet initial assez pertinent a été édulcoré jusqu’à être méconnaissable.

Des progrès minimes se font au niveau de l’autorisation des pesticides. L’autorisation «doit être examinée et peut être annulée si dans les cours d’eau et les eaux souterraines les valeurs limites des biocides et des produits phytosanitaires sont régulièrement dépassées à large échelle. Mais: Les produits pourraient tout de même être autorisés si leur interdiction limitait fortement «l’approvisionnement indigène en cultures agricoles importantes».

Bilan intermédiaire:

  • La Politique agricole est temporairement suspendue. Il n’y aura que peu de réponses contraignantes aux initiatives avant les votations.
  • Les décisions politiques prévisibles sont sous-dimensionnées par rapport à l’ampleur de la problématique.
  • Bio Suisse, IP-SUISSE et certaines interprofessions attendent avec impatience la Politique agricole 2022+ bloquée par l’Union suisse des paysans.
  • Les initiatives seront effectives au plus tôt dans quelques années.

Initiative Eau potable: Le Comité recommande le Non

Le Comité a examiné ce projet avant tout du point de vue des productrices et producteurs bio. Il est bien conscient que des paysannes et paysans bio seront actifs aussi bien du côté pour que du côté contre.

Il critique la focalisation sur l’agriculture comme causes des problèmes alors que ni les consommateurs-trices ni la filière de création de valeur ajouté ne sont appelés à prendre leurs responsabilités.

Le Comité est en outre certain que la clause du «fourrage produit dans l’exploitation» serait très limitante pour de nombreuses fermes. Et cela aussi bien sur le plan de la collaboration que du commerce régional. Une centaine de fermes bio qui se sont développé dans le domaine de la production avicole et porcine ne pourraient plus remplir les conditions PER.

Initiative Suisse libre de pesticides de synthèse: Le Comité recommande le Oui

Le Comité trouve positif que la responsabilité de l’ensemble de la filière de création de valeur soit engagée. Et aussi que les importations soient traitées de la même manière que les produits du pays. Les consommateurs continueront d’avoir un vaste assortiment à disposition – mais composé seulement de denrées produites sans pesticides.

Les attentes de consommateurs ont été considérées comme importantes dans le cas de cette initiative constitutionnelle. Pour Bio Suisse, elles doivent être comblées par le biais de cette initiative.